FINALE DU Top 14 : LES STATISTIQUES, LE RÉALISME ET LE TITRE AU STADE TOULOUSAIN, LES REGRETS ET UN MANQUE D’EFFICACITÉ AU MONTPELLIER HR

L’Occitanie reine du Stade de France avec une deuxième finale (après celle de 2011) entre le Stade Toulousain et le Montpellier Hérault Rugby, ne boudons pas notre plaisir, ça n’est pas tous les ans. Comme il y a quinze ans (15-10), les « rouge et noir » se sont imposés, comme il y a quinze ans, les Héraultais nourrissaient des regrets au terme d’une soirée avec des larmes n’ayant rien à voir avec cette pluie abondante qui a interrompu les débats treize minutes à la 59e alors que le score était de 28-13 en faveur des futurs vainqueurs et, habitués d’un Brennus soulevé pour la quatrième fois de rang au grand dam de leurs victimes successives en finale, La Rochelle en 2023 (29-26), l’Union Bordeaux-Bègles par deux fois (2024, 59-3 puis 2025, 39-33 après prolongation) et donc le MHR samedi (28-20).

Et un Brennus de plus, un, pour le Stade Toulousain. Capture d’écran Canal +

Un échec qui a porté le bilan, exceptionnel, des Montpelliérains à 21 victoires et 4 défaites sur les 25 derniers matches, 25… comme justement le nombre total de titres de champion de France sur l’épais CV des Haut-Garonnais, un raccourci hélas bien révélateur. Une domination quasi sans partage dans l’Hexagone – qui ne plaît du reste pas à tout le monde – de Toulousains qui ont remporté leur 9e finale consécutive. Il faut remonter à un Biarritz Olympique au sommet de son art et vingt ans en arrière (2006) pour trouver trace d’un échec du club phare du Top 14 à ce stade, 40 à 13. Le palmarès du Stade Toulousain est long comme le bras (18 Brennus, 6 Champions Cup, 4 Coupe de France, autant de Challenge Yves du Manoir, 2 Coupe de l’Espérance) et le situe dans la cour des très grands avec les footballeurs du Paris SG (60 titres au plus haut niveau), les poloïstes du Cercle des Nageurs de Marseille (59), les handballeurs du Montpellier Handball HB (45), les basketteuses de Bourges (40), les poloïstes des Enfants de Neptune de Tourcoing (36), les hockeyeurs du Chamonix Hockey Club (30) et à un degré moindre, les volleyeuses de l’AS Cannes (19)…

UNE FINALE A GÉOMÉTRIE VARIABLE

Lors du duel précédent avec le Stade Toulousain, le MHR avait chuté à Ernest-Wallon.
PHOTO PIERRE DUPERRON

Clairement outsider de cette finale, entre les deux premiers de la saison régulière, une forme de logique donc, la quatrième depuis 2011 (défaite face au Stade Toulousain 10-15) suivie de 2018 (défaite face au Castres Olympique 13-29) et de 2022 (sacre face au Castres Olympique 29-10), le MHR qui avait partagé succès (44-14 au Septeo Stadium à l’aller) et défaite (29-45 à Ernest-Wallon au retour) était pourtant loin de s’y présenter en victime expiatoire, avec quelques pistes clairement définies pour créer la surprise au delà de la glorieuse incertitude du sport. Le poids de ses avants au sein d’une mêlée qui fait des dégâts, le « statut » de meilleure défense du Top 14 (avec 2,6 essais encaissés en moyenne) opposé à la meilleure attaque (avec 5,7 essais inscrits en moyenne), la capacité à perturber les rucks offensifs de son rival et à être présent dans les phases de combat, la précision au pied de l’Argentin Domingo-Miotti… étaient plusieurs des atouts majeurs des Cistes.

Ces derniers n’ont jamais mené au score : 0-7, 3-7, 3-10, 6-10, 6-17, 6-20 et finalement 6-25 au retour aux vestiaires avec surtout ces trois essais d’un Stade Toulousain d’un froid réalisme (6e, 33e, 37e) dont un doublé de Peato Mauvaka. « Il faut qu’on concrétise nos actions, on a été souvent proche de la ligne mais on n’arrive pas à marquer, c’est ce qui nous manque pour créer un bras de fer » a déclaré l’entraîneur montpelliérain en chef, Joan Caudullo, au micro du diffuseur, France Télévisions, déplorant quelques incursions non concrétisées lors du 1er acte. Mais au moins le message du technicien avait-il été reçu 5/5 avant une seconde mi-temps qui a été héraultaise, au niveau (global) du score (14-3) et de la manière. A l’image des deux essais, le premier sur une percée du centre argentin Piccardo – successeur de l’infortuné Arthur Vincent (protocole commotion à la 15e) après une belle inspiration au pied de Domingo-Miotti (42e), le second sur une leçon d’appuis de Coly en solitaire pour relancer les débats (20-28 et 17′ à jouer). Entre temps (59e), l’orage était donc venu couper les débats, et l’élan montpelliérain ? Pas forcément à en croire le timing de l’essai, quatre minutes après la reprise. Mais le score n’évoluera plus, au grand dam des Montpelliérains.

STADE TOULOUSAIN, DES SÉRIES EN COURS  

Les regrets de ces derniers, beaucoup trop maladroits dans les zones de marque, sont ô combien légitimes, vu le nombre de fois (11) où Lenni Nouchi et ses coéquipiers se sont retrouvés dans les 22 m, et même dans les 10 mètres des Toulousains… pour un rendement minimaliste. La faute à des champions de France en titre qui, à l’image de leur capitaine, Jack Willis, ont été solid(air)es, et su faire plier le MHR sur ses habituels points forts, la mêlée, les rucks, la conquête aérienne. S’ils n’ont pu récupérer le « bout de bois », les joueurs du président Altrad n’ont pas démérité, loin s’en faut, et les 200 supporters présents au stade dimanche en toute fin d’après-midi l’ont bien fait ressentir aux finalistes du Top 14… également vainqueurs de la Challenge Cup. L’effectif mis à la disposition de Joan Caudullo, a rendez-vous le 4 août prochain et il ne devrait pas changer dans les grandes largeurs même s’il va enregistrer les départs de plusieurs cadres, compensés par de jolis coups.

Du côté du Stade Toulousain, pas fâché de s’en être sorti, « bravo les mecs, quatre fois… avec la 2e mi-temps de merde qu’on a fait, ce qui est bien, c’est que l’on a encore de la marge » dixit l’entraîneur du Stade, Ugo Mola, à chaud devant les micros du diffuseur, les perspectives sont autres. Le Stade Toulousain a remporté son quatrième Brennus de rang tout comme ses prédécesseurs du Stade Bordelais (1904-1905-1906-1907) et surtout « ses propres anciens » (1994-1995-1996-1997) et reste en lice pour la passe de cinq, un exploit jamais réalisé encore dans l’histoire du rugby français. Il a également enchaîné une douzième finale victorieuse (9 en Top 14, 3 en Champions Cup) depuis la finale de 2008, perdue face au Munster (13-16). Il aura donc fallu cette véritable machine à gagner pour stopper ce MHR tombé les armes à la main… et ce deux ans après (16 juin 2024) un « Access Match » gagné (18-20) face à Grenoble au Stade des Alpes dans les dernières minutes pour éviter la relégation en Pro D2. Que de chemin parcouru, celui qui se profile n’en n’est que plus alléchant…


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Une réponse à « FINALE DU Top 14 : LES STATISTIQUES, LE RÉALISME ET LE TITRE AU STADE TOULOUSAIN, LES REGRETS ET UN MANQUE D’EFFICACITÉ AU MONTPELLIER HR »

  1. Avatar de anchorinstant9ecdd44295

    bravo Montpellier Belle résistance !!

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