A ROLAND-GARROS, ZVEREV – ANDREEVA, UN DUO DE LAURÉATS INÉDIT POUR CONCLURE UNE CUVÉE 2026 AVANT TOUT RICHE EN SURPRISES À RÉPÉTITION

La grande quinzaine « très prolongée » de l’ocre pour le plus grand tournoi du monde sur terre-battue dans l’Hexagone (où paradoxalement seuls 17% des courts sont de cette surface), s’est achevée dimanche sur les succès inédits d’Alexander Zverev et de Mirra Andreeva. Le peloton de la petite balle jaune a déjà mis le cap sur le gazon de s’Hertogenbosch (Pays-Bas), de Stuttgart (Allemagne) et du Queen’s (Angleterre) sans les deux champions de la Porte d’Auteuil. Retour sur la 125e édition de Roland-Garros qui a été placée sous le sceau des surprises, bonnes ou moins bonnes, selon… des « der » (Gaël Monfils, Stan Wawrinka, David Goffin…), de la fête, des hommages (Caroline Garcia, Gaël Monfils, Stan Wawrinka, Althea Gibson), de diverses nouveautés et autres cérémonies.

« SASCHA » ZVEREV… ENFIN SACRÉ

Rivaux d’un jour, celui de la finale de Roland-Garros, Alexandre Zverev et Flavio Cobolli sont des amis hors du court. PHOTO FFT

Sur la ligne de départ de cette cuvée 2026, il y avait des absents de renom, à commencer par le double tenant du titre, Carlos Alcaraz, le n. 2 mondial, mais encore Lorenzo Musetti, Sebastian Korda, Holger Rune et enfin la plus belle chance française, Arthur Fils, vainqueur du Masters ATP 250 de Barcelone, quelques semaines plus tôt. Dès lors, le nom du vainqueur annoncé « s’imposait » et ça n’était autre que le numéro 1 mondial, Jannik Sinner. En fait de quoi, le finaliste de l’édition 2025 n’a pas survécu au… 2e tour, victime du terrien argentin Juan-Manuel Cerundolo (56e) après avoir mené 6-3 6-2 5-1 avant de perdre 18 des 20 jeux suivants et… d’une terrible défaillance physique, une sorte de malaise avec la chaleur qui l’avait également perturbé en Australie. Après une batterie de tests à Turin puis à Milan, entrecoupée de quelques jours de vacances en Sardaigne, l’Italien qui avait enchaîné 30 succès consécutifs sur le circuit, devrait reprendre l’entraînement ce mercredi 10 juin à Monte-Carlo. 

Exit Sinner donc, le tableau devenait alors très ouvert ce qui n’allait pas empêcher les surprises de se multiplier, ainsi Novak Djokovic (4e mondial) qui, une semaine après avoir soufflé sur ses 39 bougies, allait abandonner ses rêves d’un 25e Grand Chelem record contre un jeune Brésilien, Joao Fonseca, en 5 sets, lequel allait « bisser » face à Casper Ruud (finaliste 2022 et 2023) avant de chuter en quarts face au Tchèque Jakub Mensik. Un stade auquel il ne restait que deux (Zverev n. 2, Auger-Alliassime n. 4) des huit premières têtes de série et, où, exploit historique, le tennis italien plaçait trois des siens, les deux Matteo, Berrettini et Arnaldi aux côtés de Flavio Cobolli. Le scénario « nella versione italiana » se révélera totalement renversant avec l’affrontement des Matteo à l’avantage d’Arnaldi vainqueur par… abandon du revenant Berrettini (touché à la cuisse gauche) à 7-5 5-2. Un duel réduit dans sa durée (2 h) pour un Arnaldi (104e ATP), l’arroseur arrosé, qui, après avoir passé 19 h 48 sur les courts (record absolu dans un tournoi du Grand Chelem depuis 1991, année où la statistique a été instaurée) pour rejoindre le dernier carré, allait devoir… renoncer à un duel 100% azzurro, souffrant d’un virus. On n’était pas à Cannes mais le tapis rouge était déroulé pour Flavio Cobolli, 14e mondial, qui s’était offert le scalp du Canadien Félix Auger-Aliassime (tête de série n. 4) en quarts.

Pour Alexandre Zverev, la quatrième finale de Grand Chelem a été la bonne.
PHOTO PASCAL ANGENAULT

La finale, loin d’être écrite avant les trois coups de cette cuvée, ne restera pas dans l’histoire, il faut bien être honnête, tout du moins par la qualité de jeu durant les 4 h 16, et ce sans chercher la moindre comparaison avec sa devancière, la fameuse bataille de 5 h 29 (durée record), les 3 balles de match (consécutives) en faveur de Sinner, avant le succès d’Alcaraz 4-6 6-7 (4-7) 6-4 7-6 (7-3) 7-6 (7-2). Flavio Cobolli y a payé son manque de vécu d’un tel événement, craquant dans le 5e set malgré tout ce travail de fond orchestré par une structure composée de son préparateur physique, Giulio Rubini (arrivé à Paris le matin de la finale) un analyste de performance, Riccardo Di Maio et Fabio Coniglio (préparation physique), trio qui avait expliqué dans les colonnes de « L’Equipe » sa méthode en s’appuyant sur une batterie de tests neuromusculaires pour trouver « le meilleur moyen de comprendre précisément l’état de Flavio dans ces moments de fatigue pour améliorer sa résistance et adapter au mieux la charge de travail » dixit Giulio Rubini au quotidien sportif. Force est restée à Alexander Zverev, favori sur le papier, qui après trois échecs en finale à l’US Open 2020 (D. Thiem), à Roland-Garros 2024 (C. Alcaraz) et à l’Open d’Australie 2025 (J. Sinner), a joué ce match sur le « Chatrier » face à Cobolli bien pour le gagner plutôt que pour ne pas le perdre, la nuance est d’importance. Le duel qui a valu essentiellement par son suspense, a néanmoins un caractère historique à titres divers pour le lauréat qui vit avec un diabète de type 1 depuis son enfance. Du côté de Roland-Garros, cela faisait 89 ans qu’un Allemand (Henner Heinkel face à Bunny Austin en 1937) n’avait pas gagné à Paris. A 29 ans, Alexandre Zverev rejoint par ailleurs sur les tablettes ses deux compatriotes vainqueurs de Grand Chelem, Boris Becker (3 Wimbledon en 1985-1986-1989, 1 US Open en 1989, 2 Open d’Australie en 1991-1996) et Michaël Stich (1 Wimbledon en 1991). Enfin et peut-être surtout, l’Allemand au côté obscur (accusations de violences conjugales de deux de ses anciennes compagnes) a mis un terme à une série de neuf titres consécutifs, depuis l’Open d’Australie 2024, du duo des ogres Jannik Sinner – Carlos Alcaraz. Pas de quoi « mériter » pour autant, tiens tiens, la Une de L’Equipe, pour la première fois depuis bien longtemps un lendemain de finale de Roland-Garros, avec juste une petite accroche au-dessus du sacre européen des handballeuses messines. Alors, Alexander Zverev, un lauréat qui ne fait que partiellement l’unanimité ? A chacun sa vision des choses…

MIRRA ANDREEVA, LE TRIOMPHE D’UNE AMBITIEUSE

La lauréate, Mirra Andreeva et Maja Chawlinska, entourés du président Gilles Moretton et de Mary Pierce. PHOTO FFT

S’il y a eu de l’inédit chez les messieurs, que dire alors du tableau féminin ! A l’énorme différence près que toutes les stars du circuit étaient là Porte d’Auteuil, d’Aryna Sabalenka à Iga Swiatek en passant par Elena Rybakina, Amanda Anisimova, Coco Gauff, Jessica Pegula, Elina Svitolina… Moyennant quoi, aucune des joueuses citées ne figurait dans le carré final, une surprise XXXL. Sabalenka, la numéro 1 mondiale, compte 4 titres du Grand Chelem mais elle devra encore patienter pour y ajouter Roland-Garros… La Biélorusse menait 6-3 4-1 puis 5-3, 5-4 et son service à suivre pour conclure, avant d’encaisser 10 jeux de rang face à la gauchère russe, Diana Shnaider (23e mondiale) !! Pour la Kazakhstanaise Elena Rybakina, n. 2 mondiale, le couperet était tombé bien plus tôt, au 2e tour face à l’Ukrainienne Starodubtseva (55e) au jeu décisif du 3e set. Une autre Ukrainienne, Marta Kostyuk (23 ans, 15e) a fait chuter tour à tour Ia Polonaise Iga Swiatek (4 fois titrée à Roland-Garros dont 3 consécutivement en 2022-2023-2024) 7-5 6-1 puis sa compatriote, Elina Svitolina avant de passer au travers en demi-finale face à Mirra Andreeva. Jessica Pegula (5e WTA, 1er tour vs Birrell, 83e), Coco Gauff (4e, 3e tour vs Potapova) et Amanda Anisimova (6e, 3e tour vs Parry) avaient, elles, toutes été éliminées prématurément dans une partie haute du tableau qui s’est révélée historique, à l’image d’une joueuse, Maja Chwalinska. Classée au 114e rang avant le rendez-vous parisien, la Polonaise de 24 ans est devenue la deuxième joueuse de l’ère Open, à atteindre une finale de Grand Chelem en étant issue des qualifications (après Emma Raducanu, victorieuse, elle, à l’US Open 2021).

Pouvant se targuer jusque là d’un quart de finale en WTA 250 comme meilleure « perf » et d’un succès au 18e et dernier Open international… de Montpellier Méditerranée Métropole en 2024 à l’ASCH Montpellier, Maja Chawlinska qui disputait son premier « Roland » a quitté la capitale avec un prize-money de 1,4 million d’euros (soit presque deux fois ses gains cumulés depuis le début de sa carrière), 1300 points WTA supplémentaires (quasiment le même rapport que pour ses gains) et 17 h 07 passées sur les courts, matches en qualifications compris. En finale, le « match de trop », il a manqué à la gauchère dotée d’un jeu des plus atypiques, basé sur des jambes exceptionnelles et, globalement, un physique solide, moult variations entre balles hautes liftées, amorties, frappes plus lourdes, sa science du jeu, notamment un peu de gaz. Dominée dans quasiment tous les compartiments du jeu, Chawlinska n’a pas connu la même réussite que durant ses précédents matches (10 coups gagnants pour 29 fautes), ses coups ont moins pesé, ses glissades étaient plus « lourdes », tactiquement, elle a perdu le combat face à une Mirra Andreeva, solide outsider du tableau et plus expérimentée même à 19 ans seulement. A partir de 3-2 Chawlinska (1er set), le finale a totalement tourné à l’avantage de la Russe qui a glané les neuf jeux suivants (6-3 6-2). Installée en France depuis 4 ans, Mirra Andreeva, passée elle aussi par l’Open montpelliérain ITF 60 000 (8e de finale, battue par la lauréate, Olga Selekhmeteva en 2022) est montée du 8e au 6e rang WTA. De son côté, Maja Chawlinska (24 ans) pointe depuis ce lundi à la 21e place du classement WTA, soit un bond de 93 places, de quoi s’octroyer des vacances bien méritées jusqu’aux qualifications de Wimbledon à moins que son parcours à Paris ne donne l’idée aux Anglais de lui donner une wild-card…

MOÏSE KOUAMÉ ET DIANE PARRY, LES DEUX ÉCLAIRS TRICOLORES

Alexander Zverev, Donna Vekic, Taylor Townsend, Jo-Wilfried Tsonga, Maria Sakkari, Stefanos Tsitsipas, Diane Parry, Jannik Sinner, Gael Monfils, Naomi Osaka, Ben Shelton, Sorana Cirstea, Richard Gasquet, Belinda Bencic, Novak Djokovic, Elina Svitolina ont fait la fête avant l’entame de ce Roland-Garros 2026, Gaël and Friends. PHOTO JEAN_CHARLES CASLOT / FFT

Dès le lundi de la seconde semaine, il n’y avait plus le moindre tricolore en lice à Roland-Garros dans les tableaux du simple messieurs et dames. La dernière rescapée a été la native de Nice, Diane Parry (92e mondiale). Elle a sauvé un bilan catastrophique avec deux qualifiées sur neuf pour le 2e tour ! Lancé par un 0-6 lors du 1er set de son entrée en lice, le parcours de cet espoir du tennis français (23 ans, ex- n. 1 mondiale juniors) a été d’excellente facture avec des succès consécutifs face à l’Ukrainienne Kalinina (60e), l’Américaine Li (29e) et surtout l’Américaine Anisimova (6e mondiale) conclu victorieusement 7-6 au 3e set. On s’était mis à rêver en 8e de finale pour la protégée de Julie Coin et du Suédois Thomas Högstedt, son revers à une main parmi les plus beaux du circuit en atout de taille… mais la Polonaise Maja Chawlinska a brisé le rêve de façon trop nette (6-3 6-2) pour éprouver des regrets du fait de son « non-match » ce jour là. La seule Elsa Jacquemot l’avait accompagné au 2e tour avant de croiser la route de Sabalenka. On guettait avec attention le comportent de Loïs Boisson, demi-finaliste 2025. Mais la Dijonnaise, freinée par des blessures à répétition, a chuté d’entrée contre la Russe Anna Kalinskaya (24e) 6-2 6-2, perdant du même coup 112 places dans la hiérarchie (155e). C’est là le pire bilan en simple dames depuis 45 ans. Tout comme leurs homologues féminines, les masculins n’ont pas brillé, en étant souvent, bien modeste consolation, sortis par des adversaires mieux classés qu’eux dans la hiérarchie. Si la France compte 11 joueurs dans le Top 100 (2e derrière les Etats-Unis), et qu’ils étaient 22 au 1er tour (11 grâce à leur classement, 4 sortis des qualifications, 6 bénéficiaires de wild-cards)… on n’en recensait plus que 6 au 2e tour (dont 2 duels 100% français), 2 en 16e de finale (dont 1 duel 100% français) et aucun en 8e de finale. On notera la belle résistance offerte par Valentin Royer à Novak Djokovic au 2e tour (défaite 3-1) tout comme Mpetschi Perricard au 1er tour, et, pour le coté nostalgique, l’échec initial de Gaël Monfils face à Hugo Gaston (6-0 au 5e set) pour sa « der » à Roland-Garros ! Faute d’exploits, il y a eu Moïse Kouamé (318e mondial) qui a signé face à Marin Cilic, un lauréat de Grand Chelem, son premier succès en Grand Chelem. Rafraîchissant au possible, le protégé du duo Liam Smith – Richard Gasquet, encore classé 833e au 1er janvier, est devenu à 17 ans et deux mois, le deuxième joueur français le plus jeune de l’ère Open à jouer un 2e tour à Roland-Garros après Thierry Tulasne. Après avoir confirmé lors d’un 2e tour plein d’émotions près de 5 h durant face au Paraguayen Vallejo (71e) achevé 10-8 au super tie-break du 5e set, le natif de Sarcelles a enthousiasmé le public et les suiveurs par son jeu déjà assez complet mais avec une grosse marge de progression, sa couverture du terrain, le tout assorti d’un côté showman très spontané. Les prochains mois du véritable rayon de soleil français de la quinzaine, seront assurément observés de près.  

PRIZE MONEY

Pour cette cuvée 2026, les dotations à Roland-Garros étaient les suivantes : QUALIFICATIONS.- 24 000 euros (battus du 1er tour); 33 000 euros (2e tour); 48 000 euros (3e tour) – TABLEAU FINAL.- 87 000 euros (1er tour); 130 000 euros (2e tour); 187 000 euros (3e tour); 285 000 euros (8e de finale); 470 000 (quarts de finale); 750 000 (demi-finale); 1,4 millions d’euros (finaliste); 2,8 millions d’euros (vainqueur).

LE PALMARÈS

Simple messieurs : Alexandre Zverev (tête de série n. 2, All) bat Flavio Cobolli (tête de série n. 10) 6-1 4-6 6-4 6-7 (5-7) 6-1.

Simple dames : Mirra Andreeva (tête de série n. 8, Rus) bat Maja Chawlinska (114e, Pol) 6-3 6-2. 

Double messieurs : M. Granollers (Esp)/H. Zeballos (Arg, têtes de série n. 1) battent H. Heliovaara (Fin)/H. Patten (GB, têtes de série n. 2) 6-4 6-2.

Double dames : K. Siniakova (Rep. Tch)/T. Townsend (EU, têtes de série n. 1) battent A. Danilina (Kaz)/A. Krunic (Ser, têtes de série n. 2) 6-2 7-5.

Double mixte : S. Errani/A. Vavassori (têtes de série n. 1, Ita) battent G. Dabrowski (Can)/E. King (EU) 4-6 6-3 10-4.

Juniors garçons : LG. Miguel (tête de série n. 1, Bré) bat M. Antonius (tête de série n. 13, EU) 6-3 6-4.

Juniors filles : A. Oktiabreva (tête de série n. 12, Rus) bat X. Sun (Chi, tête de série n. 2) 6-2 6-1.

Tennis fauteuil simple dames : De Groot (P.B, 4e mondial) bat K. Chasteau (Fra) 6-1 6-0.

Tennis fauteuil simple messieurs : T. Oda (Jap, tête de série n. 1) bat A. Hewett (GB, tête de série n. 2) 6-3 6-3.

Roland-Garros, l’édition 2026 en images, des qualifications… aux finales.
PHOTOS PASCAL ANGENAULT.


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  1. Avatar de anchorinstant9ecdd44295

    👍🏀

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