
de Pro A et forcément un peu déçus. PHOTOS PIERRE DUPERRON
Le vendredi 29 mai au Kindarena de Rouen, la finale du championnat de Pro A mettra aux prises les clubs de Hennebont GV (1er de la saison régulière) aux locaux du SPO Rouen (2e). Ces derniers, bien que battus par le CTT Bruille (3e) à domicile en demi-finale retour (2-3) se sont qualifiés pour le rendez-vous au set-average (9 sets partout) après le succès sur le même score en terre nordiste (11 sets à 8 à l’aller en faveur de Rouen). Le scénario comme les circonstances ont été différents dans l’autre demi-finale, la GV Hennebont TT de Simon Gauzy s’imposant à l’Alliance Nîmes Montpellier TT sur le même score, 3-1 à l’aller dans le Morbihan comme au retour au Parnasse à Nîmes. Tandis que Caen et Pontoise-Cergy sont relégués en Pro B, le public rouennais sera donc privé le 29 mai des n. 4 (Félix Lebrun), n. 12 (Alexis Lebrun) et n. 20 (Flavien Coton) mondiaux, moteurs du parcours de l’équipe de France aux récents championnats du monde par équipes à Londres. C’est la loi du sport mais on ne peut que le regretter… au terme de dix-sept jours de pure folie avec les championnats du monde par équipes à Londres, une demi-finale aller de Pro A à Hennebont, un Final Four de Ligue des Champions à Sarrebruck et une demi-finale retour de Pro A… vous avez dit cadences infernales.
L’ANMTT « VICTIME » DU CALENDRIER

Avec des demi-finales programmées les mardi 12 et mardi 19 mai, l’Alliance Nîmes Montpellier TT savait qu’elle allait devoir effectuer des choix. Car dans l’intervalle, précisément les samedi 16 et dimanche 17 mai (arrivée sur site la veille), les troupes de Vincent Avril étaient en Allemagne, à Sarrebruck, à 1 h de Metz, pour le Final Four de la Ligue des Champions. Du même coup, pas de Lebrun, raquette en main, en Bretagne en demi-finale aller de Pro A et le seul Félix au retour. Un choix parfaitement assumé par l’entraîneur de l’ANMTT à chaud après l’élimination : « Il n’y a pas de regret dans la composition de l’équipe. La stratégie est très claire, on s’y est tenus, on peut avoir des regrets par rapport au contenu des matches parce que l’on a eu des occasions, notamment au match aller. Félix et Alexis n’ont pas joué au match aller ? Il faut se rendre compte de la difficulté que c’est d’enchaîner une demi-finale du championnat du monde (à Londres) avec cette demi-finale deux jours après. Je ne voulais pas les mettre dans ce contexte là, l’objectif principal était la Ligue des Champions, je les aurais fracassés mardi alors qu’il y avait la perspective de jouer samedi-dimanche, c’était l’objectif, on a réussi, malheureusement, on meurt à quelques points je pense d’être champions d’Europe. Si on avait été champions d’Europe, encore moins, mais ce n’est pas parce que l’on a perdu que je remets en question tout ça. Et là, on voit que Félix a été capable de faire un match incroyable sur un très bon joueur (Lev Katsman, 232e, Russie) avec un état de fatigue. Alexis, je ne voulais pas le faire jouer ce soir parce qu’il avait des blessures, des petits bobos et une fatigue générale. »

Et ce dernier d’avouer « une petite déception par le comportement des remplaçants. Mais il y a plein de choses qui font que… ça fait dix jours qu’on est concentrés, on a perdu beaucoup de plumes mardi dernier, beaucoup de plumes ce week-end et il ne restait pas grand chose aujourd’hui (Ndlr, mardi soir), eux (Hennebont) on sentait qu’ils avaient bien récupéré, ils étaient tous frais, ça fait la différence quand même parce qu’il n’y a pas un écart de niveau énorme. Sur le papier, ils étaient plus forts que nous, j’aurais aimé mieux mais il y a des circonstances qui font que ça n’est pas facile. La suite ? On va en parler avec le staff mais vu la lourdeur du calendrier international, on ne peut pas jouer sur tous les tableaux. » Selon les dernières infos, l’ANMTT qui va perdre Esteban Dorr enregistre le renfort du Bayonnais Rémi Betelu (26 ans, 198e mondial). Et l’échec en demi-finale des play-off de Pro A ne remet rien en cause sur la scène européenne puisque, finaliste cette année, l’ANMTT sera même tête de série pour la prochaine édition.
VICE-CHAMPIONS D’EUROPE À SARREBRUCK
Les clubs montpelliérains vainqueurs de la « grande coupe d’Europe » se comptent sur les doigts d’une seule main, l’Alliance… Nîmes Montpellier TT a failli les rejoindre avec un trio 100% tricolore à l’accent très languedocien même ! Alors que le FC Sarrebruck, triple tenant du titre de la Ligue des Champions éliminait les Polonais de Grodzisk (3-0) dans la première demi-finale, l’ANMTT allait se défaire des Allemands du Borussia Düsseldorf (3-1) dans la seconde en cédant juste le point du n. 3, Manav Thakkar (37e WTT, Inde) face à Kanak Jha (27e, USA). Mais Alexis Lebrun (12e) vainqueur 3-0 face à Dang Qiu (10e, Allemagne) pour l’entame et Félix Lebrun (4e) victorieux tour à tour de Anton Kallberg (32e, Suède) 3-0 puis de Dang Qiu (10e, Allemagne) 3-1, avaient assuré l’essentiel. Pour une 2e participation à l’épreuve, l’ANMTT du président Alain Lauferon s’offrait déjà une finale.

Laquelle finale, dominicale, offrira un nouveau moment d’anthologie avec cette première finale de Ligue des Champions dans l’histoire du club face au ténor et… pas anodin, club hôte du Final Four, poussé par 3500 spectateurs (dont une quarantaine de Montpelliérains) dans la Saarlandhalle. Un FC Sarrebruck qui, en cas de 4e succès consécutif rejoignait les Belges du Royal Villette Charleroi (sacré en 2001-2002-2003-2004) au palmarès. Une finale du type ping… pong avec le 1-0 par Alexis Lebrun qui ne faisait aucun cadeau au champion olympique et ex. n. 1 mondial, le Chinois Fan Zhendong 3-0 (11-6, 11-8, 11-9) en 25′. Le Match 2 s’avèrera un premier tournant car si Félix Lebrun (4e) chutait face à Trüls Möregardh (2e)… le vice-champion olympique – Sarrebruck a des moyens démesurés -, le Suédois l’emportant 3-0 (15-13 15-13 12-10) en 28 minutes, on ne saurait oublier que le n. 1 français a mené 10-6 puis 13-12 au 1er set, 10-8, 12-11 et 13-12 au 2e set soit 9 balles de set non concrétisées ! Pas très heureux sur le coup le « Féfé ». De 1-0, l’ANMTT allait bientôt se retrouver menée 1-2 par les Allemands, Antoine Hachard (non classé WTT), lancé dans la bataille par Vincent Avril ne pouvant empêcher le Slovène Darko Jorgic de s’imposer 3-0 (12-10 11-4 11-7) en 23′. Les ANMTTistes n’avaient plus de droit à l’erreur, Félix Lebrun l’avait bien compris en punissant 3-0 (11-6 13-11 11-8) en 25′, un Fan Zhendong, éloigné du niveau qui était le sien avant qu’il ne prenne la décision de quitter le circuit mondial, se contentant des matches par équipes, et étant dépassé dimanche, par la puissance d’Alexis et la vitesse de Félix. Le tableau d’affichage indiquait donc 2-2, le duel Alexis Lebrun – Truls Möregardh serait décisif. Et le Suédois, lauréat du WTT Champions de Montpellier l’an passé en éliminant Alexis en demi-finale (4-1) allait récidiver en réussissant le match parfait, gênant le Montpelliérain notamment par ses services longs. Le score ? 11-5 11-7 5-11 et 11-6, le tout emballé en 24′, le Scandinave offrait le titre au FC Sarrebuck qui rentrait un peu plus dans l’histoire. Celle de l’ANMTT, en comparaison, ne fait que commencer, avec les frères Lebrun en fers de lance, un noyau essentiellement français, des moyens bien moindres et, tout simplement une autre philosophie…





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