BOULANGÈRE WONDERLIGUE, BASKET LANDES SURFE SUR LA VAGUE LANDAISE POUR CONSERVER SON TITRE

Doublé coupe – championnat pour Basket Landes. PHOTO Frédéric FERRANTI/FFBB

Dans les divers sports-co, il est de ces équipes qui, après la mainmise de certains ténors, sortent d’une forme d’anonymat et se mettent à un gagner un titre, puis un deuxième, un troisième en surfant sur la vague. Club phare des années 1970, le Montpellier Université Club, aujourd’hui MHSC Volley-Ball, vient de glaner tout dernièrement son deuxième titre national après celui de 2022. Rapporté au handball masculin, l’exemple le plus flagrant est le HBC Nantes qui a remporté deux Coupes de France (2023-2024), autant de Trophées des Champions (2022-2024), une Coupe de la Ligue, disputé un Final Four de la Ligue des Champions (3e du Final Four 2025), et fini 3e en 2020-2021, 2e (2022), 3e (2023), 2e (2024), 2e (2025) en LiquiMolyStarligue. En basket féminin, il n’y a pas photo non plus, le « lauréat » virtuel du titre de « club en vogue » est incontestablement Basket Landes. 

D’EYRES-MONCUBE A MONT-DE-MARSAN

Leïla Lacan, joyau de BL, va rejoindre un autre championnat. PHOTO Frédéric FERRANTI/FFBB

Parti du village d’Eyres-Moncube avec moult changements d’appellations au gré des fusions, un déménagement à « Laloubère » à Saint-Sever (2006), Basket Landes a rejoint l’élite en 2008 puis, l’Espace François-Mitterrand à Mont-de-Marsan de façon définitive, en septembre 2015. Depuis cinq ans, BL est l’incontestable leader du basket tricolore, jugez plutôt : champion de France en 2021, 2025, 2026, vainqueur de la Coupe de France en 2022, 2023, 2026 et du Match des Champions en 2023, le tout assorti d’un Final 6 d’Euroligue en terre espagnole le mois dernier.

Monté en puissance sous la coupe et grâce au dynamisme de la présidente Marie-Laure Lafargue (2018-2024), le club est aux rênes de Audrey Lacroix depuis 2024. Sur le banc, après quatre saisons avec le Landais Olivier Lafargue (2004-2017) d’une fidélité rare, deux avec Cathy Melain (2017-2019), c’est Julie Barennes qui, après sept saisons en tant que joueuse de BL avec un intermède d’un an à Angers et deux au poste d’entraîneur-adjointe (2017-2019), a pris les commandes de l’effectif depuis 2019 donc… et du coup sacrément garni sa carte de visite. Un projet validé par la présence de Céline Dumerc au poste de directeur sportif, l’ancienne meneuse de jeu ayant eu le temps de humer le bon air landais pour avoir défendu les couleurs « bleu et blanc » de 2016 à 2023.

UNE SAISON 2025-2026 TRÈS RICHE

La demi-finale aller, gagnée de justesse à Lattes. PHOTO Pierre DUPERRON

 

Comptant parmi les grands favoris à l’orée de cet exercice 2025-2026, Basket Landes a confirmé les pronostics par une 1ère place à l’issue de la saison régulière (41 points, 19 victoires pour 3 défaites) devant Bourges (39 pts, 17 v/5 d) puis enchaîné par des play-off, parfaitement maîtrisés au stade des quarts de finale (succès 82-97 à Chartres puis 84-47 face à Chartres) mais pas malheureux du tout face au BLMA (succès 57-60 à Lattes puis 81-80 au retour en ayant été mené durant 38 minutes et compté jusqu’à 24 longueurs de retard).

Et avec cette même « chance du champion » face à Bourges (cf ci-dessous) à l’occasion de la finale. En Coupe de France, le parcours « petit format  » mais piégeux à souhait (qualifications 60-63 à Charleville-Mézières puis 77-65 contre Tango Bourges en demi-finale) grâce au statut de représentant en Euroligue, a permis à BL de tripler la mise à l’Accor Arena face à l’ESB Villeneuve d’Ascq (77-65) au terme d’une finale menée quasiment de bout en bout avec un écart maximal de 23 points (71-48) largement atténué par les Nordistes dans le final.

Une finale de Coupe sans trop d’émotions à l’Accor Arena. PHOTO Pierre DUPERRON

Le grand défi de ce club ambitieux, l’Euroligue avait déjà généré de très belles soirées à Mitterrand dans un passé récent, les Landaises s’offrant le scalp de plusieurs des cadors de la compétition. Cette saison, les joueuses de Julie Barennes ont fait tomber le « Fener » (80-61), vainqueur de l’épreuve ou encore gagné à Valence lors d’un 2e tour achevé au 2e rang derrière le futur lauréat 2026, n’échouant qu’en quarts de finale du Final 6 d’Euroligue face au club hôte, Saragosse (53-69). 

UNE FINALE DES PLUS INDÉCISES

La Belge Becky Massey transperce la défense berruyère. PHOTO Frédéric FERRANTI/FFBB

La saison des Landaises, marquée par leur premier doublé coupe-championnat (le dernier remontait à 2018 avec Bourges), se sera donc achevée par la finale en trois actes face à un Tango Bourges « dans le dur » (2 titres de champion de France sur les dix dernières années) et qui escomptait bien ramener au Prado un trophée qui lui échappe depuis 2022 ! Les filles d’Olivier Lafargue auront bien fait un premier pas face à un « petit » BL lors du Match 1 (67-49), mettant la pression sur le champion en titre. Mais ce dernier victorieux au forceps du Match 2 dans son fief (59-54) a trouvé les ressources de récidiver lors du match d’appui (53-50) non sans avoir été sérieusement menacé, trouvant son sauveur en Marie Pardon d’un tir primé sur l’aile à 27″ du coup de sifflet final d’un duel où les visiteuses privées de Élodie Naigre (blessée toute la finale) ont mené à plusieurs reprises, notamment dans le Quart 4 (41-44 44-48 et pour la dernière fois à 46-48). Leïla Lacan, déjà élue MVP de la saison régulière, de la finale de Coupe de France, a réussi la passe de trois lors de play-off validé par un « back to back » pour sa future ex-équipe.

Une finale au terme de laquelle Julie Barennes a fait preuve de beaucoup de justesse dans son analyse. Morceaux choisis : « Je suis hyper heureuse, un doublé c’était juste inimaginable en début de saison et avec en plus ce quart de finale d’Euroligue… Je suis tellement heureuse aussi pour les filles qui partent et ont marqué le club. Toutes ces filles ont montré ce qu’il y avait de beau dans le sport… Ça ne se joue pas à grand chose, je tiens à féliciter Bourges pour le match qu’ils font, on ne va pas dire qu’on le vole mais on le vole, pour moi, à la fin, c’est une manière de gagner. Mais vraiment, je voulais leur rendre hommage car on leur a beaucoup tapé dessus en début de saison et elles ne sont vraiment pas loin de pouvoir gagner un titre… Dans ce Match 3, tu essaies de rester lucide car tu sais que chaque panier va vraiment compter et d’être à la maison pour ce match d’appui, comme l’an passé, nous a beaucoup aidés… Ce que je retiendrais de cette finale dans quelques mois ? C’est qu’on a gagné avec un groupe exceptionnel en terme de qualité humaine, je suis fière de mes joueuses, elles n’ont jamais tiré la couverture à elles. J’ai eu mon fils avec elles puisque je suis 7 jours/7 avec elles et elles m’ont simplifié ma vie de maman en réussissant une telle saison, je les en remercie… La demi-finale retour face à Lattes-Montpellier, je me suis dit eh m… on va chier le seul match qu’il ne faut pas chier de la saison (sic), on est à – 24, on est à côté et je ne peux pas leur en vouloir. Il se joue à rien, ça tombe de notre côté mais il aurait pu tomber du leur… Les deux équipes qui étaient en finale, c’était les équipes qui défendaient le mieux, souvent, c’est la défense qui fait gagner le championnat. »

L’EFFECTIF 2026-2027 DÉJÀ RÉVÉLÉ

Mais et le passé récent est là pour nous le rappeler, un titre ne rime pas avec stabilité de l’effectif et, comme ses prédécesseurs, Julie Barennes va devoir composer avec les départs conjugués de Julie Wotja pour une retraite bien méritée, Leïla Lacan, attendue, semble-t-il, du côté de Saragosse, Yohana Ewodo, Myriam Djekoundade (ESB Villeneuve d’Ascq ?) et Louise Bussière (Charnay). Un « cinq », car Basket Landes n’a pas attendu pour communiquer, remplacé par l’internationale lettonne et intérieure du LDLC Asvel Aleksa Gulbe (26 ans), Trinity San Antonio (22 ans), la meneuse de Toulouse, Emma Peytour (25 ans, ex. Lyon), Sophia Elenga (30 ans, ex. Landerneau) et Mariama Daramy (23 ans), en provenance de Charnay, cinq éléments qui arriveront avec le vécu précieux de la Boulangère Wonderligue. Ou le désir affirmé de continuer à briller au sein d’une Ligue qui, c’est inquiétant, perd petit à petit ses talents entre la WNBA, la NCAA et l’Europe.


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