LES FRANÇAIS, TÊTE HAUTE ET MÉDAILLÉS DE BRONZE AUX CHAMPIONNATS DE MONDE PAR ÉQUIPES CONCLUS PAR UN NOUVEAU DOUBLÉ DE LA CHINE

Disputés à la OVO Arena Wembley de Londres, les championnats du Monde par équipes ont offert un spectacle XXL tant en messieurs qu’en dames. Et si ce n’est pas toujours vrai en simple, la citation « … et à la fin, la Chine gagne toujours » a été plus vérifiée que jamais outre-Manche, avec le même rival en finale en masculins et en féminines, le Japon, mais des scénarios aux antipodes l’un de l’autre. Retour en détails sur huit jours de plaisir et de pure folie.

La OVO Arena Wembley s’est délectée du spectacle. PHOTO Emmanuel MARZIN

UN SANS-FAUTE DES TRICOLORES JUSQU’EN DEMI-FINALE

Capture d’écran la chaîne L’Equipe

Bien sûr, il est toujours préférable de vivre un évènement sur site mais même devant son petit écran, le France – Chine en demi-finale a été brûlant à vivre, riche en rebondissements et en enseignements, très fort sur le plan émotionnel et de l’intensité. Pour en arriver là, les joueurs de Nathanaël Molin avaient réussi un sans-faute, en poule tout d’abord : 3-0 vs Taïwan, 3-1 vs l’Allemagne et surtout ce 3-2 contre le Japon (futur finaliste) après avoir surmonté les deux défaites initiales (0-2), le déclic intervenant avec le succès du jeune Flavien Coton (18 ans) au dépens du n° 18 mondial, Shunsuke Togami (3-2). Revenu par deux fois au score, le Nordiste a même écarté 4  balles de match au set décisif pour s’imposer 14-12 et initier la remontada (victoires très maîtrisée de Félix Lebrun vs Tomokazu Harimoto 3-0 et au finish d’Alexis Lebrun vs Sora Matsushima 3-2). Dans ce duel au sommet du 1er tour ayant pour conséquence la constitution du tableau final, les Bleus se sont assurément offerts de belles certitudes, et notamment que le trophée était un objectif légitime. Dans le tableau final, les Bleus allaient les valider en ne laissant que des miettes aux Etats-Unis (3-0) en 16e, au Portugal (3-0) en 8e et au Brésil en quarts (3-0) avec une nouvelle sensation, cette leçon infligée par Flavien Coton (23e mondial) à Hugo Calderano (5e) 3-0 (12-10 11-8 11-9) et un 4e succès consécutif pour le n. 4 français virtuel en début de compétition. Félix Lebrun (3-0) puis Alexis Lebrun (3-1) n’avaient plus qu’à terminer le travail, ils ne tremblaient pas, la médaille de bronze était déjà assurée. Mais les Bleus en voulaient davantage… 

UNE DEMI-FINALE D’ANTHOLOGIE

Davantage oui, mais c’était la grande Chine qui se présentait, cette Chine toujours titrée depuis la défaite en finale 2001 face à la Suède, cette Chine avec Wang Chuqin (n. 1 mondial) et ses deux lieutenants, Lin Shidong (ex. n. 1 mondial, actuel 6e) – Liang Jingkun (ex. n. 2 mondial, 21e), cette Chine du légendaire Wang Hao favorite sur le papier. Mais aussi cette Chine défaite par deux fois en phase de groupe par la Corée du Sud (1-3) puis la Suède (2-3) avec des échecs inquiétants (2) de Lin Shidong… Et s’ils avaient réagi dans le tableau final, 3-0 face à l’Australie, 3-1 contre la Roumanie, 3-0 face à la Corée du Sud, les champions du monde paraissaient d’un seul coup un tout petit peu moins inaccessibles et les Bleus en étaient persuadés ! Seul tricolore invaincu à ce stade (!!), Flavien Coton aura été le premier à être lancé dans la bataille et il n’est pas passé loin de le rester. Son adversaire à l’autre bout de la table, le numéro 1, Wang Chuqin n’est pas prêt d’oublier ce jeune « insolent » qui l’a malmené durant 53 minutes, a mené 2 sets à 1, et encore 3-1 4-2 5-3 au 5e set avant que WCQ ne réussisse 4 points d’affilée (5-7), tremblant jusqu’à 8-8 avant de conclure. Mais Félix Lebrun qui avait fait part de son excitation avant cette demie, a vite rétabli l’équilibre en deux temps, trois mouvements et 27 minutes pour un 3-0 (11-9 11-9 12-10) contre Lin Shidong, pas le premier venu ! La soirée a-t-elle basculé lors du Match 3 ? On se gardera bien de l’affirmer ! Alexis Lebrun en était à 1/4 dans ses face à face avant d’affronter Liang Jingkun. Avec un 11-3 en 5′ et un 11-1 en 6′, on était comme dans un rêve, Alexis était concentré, son rival, totalement perdu. Le 3e set était plus compliqué (1-3 2-4 6-8 8-8 8-9 mais l’aîné des Lebrun haussait le ton au meilleur moment 10-9, et balle de match. Ratée… Bis repetita à 12-11. Ratée, à nouveau… Cinq points plus tard (13-15 sur sa 3e balle de set), LJK et la Chine reprenaient espoir (1-2) avant un 4e set à sens unique en faveur de l’Asiatique 0-4 1-5 3-10, soit 7 balles de 2 sets partout… écartées les unes après les autres par Alexis Lebrun, finalement battu 10-12 (2-2). Frustrant ! D’autant que le 5e set était de la même veine, 2-6 2-9 mais cette fois sans changement de tendance (2-11) après 42 minutes d’un duel énorme. 2-1 pour la Chine, la perspective d’une finale s’éloignait… à moins que, à moins que Félix Lebrun ne mette un terme à sept revers de rang face à Wang Chuqin. Malgré une belle résistance au cours des 39 minutes de jeu, « Féfé » dans le coup jusqu’à un set partout (11-13 11-9) allait baisser de niveau quand Wang Chuqin retrouvait de sa superbe (9-11 4-11) pour offrir le billet en finale à ses couleurs (3-1). Il était 23 h 30 et si la Chine avait battu la France comme lors des finales des Mondiaux de Busan (3-0) et des Jeux Olympiques de Paris (3-0) en 2024, on avait sacrément vibré et vécu l’une de nos plus belles émotions depuis longtemps, toutes disciplines confondues. Et avec le profil du groupe, Flavien Coton (18 ans), Félix Lebrun (19 ans), Thibault Poret (21 ans), Alexis Lebrun (22 ans) au côtés du trentenaire Simon Gauzy (31 ans), l’entraîneur, Nathanaël Molin et le directeur de la haute-performance, Jean-René Mounié, le temps parle pour les Français. 

UNE DÉCEPTION POUR LES FRANCAISES

Du côté féminin, la Chine de Sun Yingsha a battu non sans mal 3-2 le Japon (Miwa Harimoto n. 5 mondiale, Hina Hayata n. 11 et Honoka Hashimoto n. 15) après avoir été menée 0-1 puis 1-2 mais c’est tout de même le septième sacre consécutif pour les « rouges » (Yingsha Sun n. 1 mondiale, Manuy Wang n. 2 et Man Kuai n. 7) depuis 2010. Les Françaises, elles, ont atteint les quarts de finale du tableau final. Troisièmes de leur groupe (1-3 vs l’Allemagne, 1-3 vs le Japon et 3-0 vs l’Angleterre), elles ont ensuite éliminé la Suisse et l’Italie sur le même score (3-0) avant de chuter donc contre la Roumanie (1-3), 2e du groupe de la Chine et triple championne d’Europe en titre ! « On n’a pas joué forcément notre meilleur ping, on a fait ce qu’on a pu. La prestation n’est pas mauvaise mais il aurait fallu réaliser une meilleure performance pour s’imposer » a commenté l’entraîneur, Ludovic Rémy au micro de la chaîne L’Equipe. Médaillée de bronze en 2024, l’équipe de France n’a pu renouveler sa performance, les larmes de Prithika Pavade après l’élimination, résumant au mieux la déception des Bleues.           


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