Créé en 1978 sous le nom du Racing Club Paillade avant une fusion avec l’Entente Cressoise et l’appellation Montpellier Le Crès en 1990, pour la première fois en D1 en 1985 – un bref passage de deux saisons – avant un retour en championnat régional, quelques travers, un titre de champion de France de 2e division (1997), le football féminin a connu un tournant décisif à travers l’absorption du club par le Montpellier Hérault SC en 2001. Le début d’une belle histoire et de multiples faits d’armes et trophées, de la demi-finale de Ligue des Champions (2006) à ces trois Challenge/Coupe de France (2006-2007-2009) en passant par ces deux titres de champion de France (2004 et 2005). Ce mercredi 6 mai, alors que le MHSC Féminines défiera le plus grand club français au palmarès XXXL, l’OL Lyonnes, ce peut être un véritable tournant ou la suite de l’histoire… Verdict sur le coup de 19 h.
LES FÉMININES SOUS PAVILLON CRUX FOOTBALLL

stade de la Mosson. PHOTO JEAN-BAPTISTE AUTISSIER/MHSC Féminines
Mais voilà, si Louis Nicollin a été précurseur dans le football féminin dans l’Hexagone, d’autres ont suivi la voie, l’Olympique Lyonnais tout d’abord, puis le Paris SG qui s’est engouffré dans la brèche avec des moyens, l’un et l’autre, sans commune mesure avec le club pailladin qui a vu ses meilleures éléments rejoindre les deux « riches ». Juvisy, les Girondins de Bordeaux (retombés dans l’oubli par les déboires des masculins), le Paris FC (qui a absorbé le FCF Juvisy Essonne), le FC Fleury 91, depuis peu le FC Nantes sont montés en puissance, provoquant inexorablement la descente au fil des saisons dans l’anonymat du classement.
La baisse de moyens accordée à la section par Laurent Nicollin a trouvé une suite avec le rachat le 1er octobre dernier de la section féminine par Crux Football, qui est, depuis, le propriétaire du MHSC Féminines. Fondé par Bex Smith, ex-capitaine de l’équipe nationale de Nouvelle-Zélande, olympienne, lauréate de la Ligue des Champions et enfin ex-dirigeante de la FIFA, le groupe ambitionne de faire évoluer le football féminin européen à grande échelle grâce à un modèle de multipropriété de clubs et une plateforme d’incubation. Mais pour l’heure, il s’agit de sauver une équipe en grand péril qui a vu Yannick Chandioux, l’entraîneur en place depuis mai 2021 avant d’être écarté le 10 février après une défaite au Havre (15e journée). Après un intérim d’une journée, c’est l’un de ses prédécesseurs, Jean-Louis Saez qui a pris la suite.
JEAN-LOUIS SAEZ DANS UN « AUTRE MONDE »

Et celui qui avait vécu à la tête des féminines de 2013 à 2019 avec deux 4e place, une 3e et une 2e synonyme de ticket en Ligue des Champions (quart de finale, éliminé par Chelsea) avant d’en devenir le directeur sportif, a donc accepté de jouer les dépanneurs. Avec un effectif et un contexte aux antipodes de ce qu’il avait connu… « La situation actuelle est forcément très inconfortable. On a eu un calendrier difficile (à Lens, face au Paris SG, à Marseille, contre Saint-Étienne, à l’OL Lyonnes, NDLR). On est allés prendre des points sur des matches où l’on a été dominés, il y a eu aussi ce contexte particulier du choc de mal classés à Marseille (35713 spectateurs à l’Orange Vélodrome, soit le record de fréquentation pour un match féminin en D1) où l’on a gagné (1-2) notre premier match de la saison l’extérieur. Et face à Saint-Étienne, il y avait l’obligation de s’imposer, ce qu’on a fait (1-0) avec de la grinta, un peu de folie. »
Paradoxalement, au cours de cette saison, les Montpelliéraines ont été à deux doigts de gagner au Paris SG (2-2 en ayant été rejointes à la 90e + 3) avant de connaître la même mésaventure face au même adversaire… en pire au retour où, menant 2-1 (81e) sur une inspiration géniale de Justine Rouquet (lob de près de 40 m), elles ont cédé 2-3 dans les arrêts de jeu (buts aux 90e + 1 puis 90e + 4 de l’ex-Montpelliéraine Sakina Karchaoui).
UNE SITUATION TRÈS INCONFORTABLE
Avec un bilan global de 4 victoires, 3 nuls, 14 défaites, le MHSC Féminines figure logiquement dans les bas-fonds du classement de D1 Arkema au 10e rang (15 points avec une différence de buts de – 15) à égalité avec le RC Lens (15 points, – 26) devant l’AS Saint-Étienne (12 points, – 27) sachant qu’il y a deux relégués en D2. Détail important, en cas d’égalité, c’est la différence de buts particulière qui prime sur la différence générale, et sur les confrontations, on a donc : Aller.- MHSC – RC Lens 3-1, Retour.- RC Lens – MHSC 2-1; Aller.- AS Saint-Étienne – MHSC 4-2, Retour : MHSC – AS Saint-Étienne 1-0. Tous ces chiffres, le technicien montpelliérain les connaît. Tout comme il connaît le programme de ses deux rivaux, le RC Lens qui se rendra au Paris FC (2e, au pire 3e) et l’AS Saint-Étienne désormais conduite par… Yannick Chandioux qui sera l’hôte du FC Fleury 91 (5e, au pire 6e) qui ne peut plus prétendre aux demi-finales et dont l’entraîneur, Frédéric Biancalani a annoncé son départ du club. Sans oublier l’avenir très incertain du Dijon FCO (6e) en quête d’un repreneur…
Jean-Louis Saez, lui, « est focus sur mon équipe, sur ce match chez… les finalistes de la Ligue des Champions, une véritable machine à gagner, un OL Lyonnes qui est toujours invaincu et peut être euphorique après sa demi-finale européenne. Mais ça reste un match qu’on va aborder comme les autres, j’y crois, je compte bien transmettre ce message à mes joueuses, et je crois en mon groupe. Si l’équipe appartient au groupe Crux Football, les racines sont là… On a été dans la situation inverse de jouer les arbitres, là, on ne maîtrise pas ce qui va se passer sur les autres pelouses, le sursaut des dernières journées… Il va y avoir plusieurs matches avec beaucoup d’enjeu, il y a beaucoup de pureté dans le football féminin, je pense que tout le monde va jouer le jeu. » Une relégation en Seconde Ligue Women serait-t-elle catastrophique pour le club ? Jean-Louis Saez ne veut y penser mais on peut-être certain qu’il aimerait être plus vieux de quelques heures pour fêter le renouvèlement du bal pour le MHSC Féminines en D1 Arkema, c’est tout le mal qu’on lui souhaite.
Le programme (ce mercredi 6 mai à 17 h) : OL Lyonnes – MHSC Féminines; Paris FC – RC Lens; Paris SG – RC Strasbourg; Le Havre – FC Nantes; AS Saint-Étienne – FC Fleury 91; Olympique de Marseille – Dijon FCO.




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