
Ce lundi, à la sortie du classement WTT hebdomadaire, Félix Lebrun était au 6e rang… le rang qui était déjà le sien lorsqu’il a abordé le WTT Champions de Chongqing (Chine) avec le statut de tête de série n. 5 dû à l’absence de sa victime, neuf jours plus tôt en quarts de finale au Singapour Smash, le Chinois Lin Shidong. Mais l’écart le séparant du 5e, Lin Shidong, n’est que de 35 points (5755/5720) quand lui compte une avance de 1495 sur son suivant immédiat, Lin Yun-Ju (7e)… de quoi voir venir. Pour le reste, les plus fines raquettes étaient là, avec à leur tête le n. 1 mondial chinois, Wang Chuqin, sur une série de 13 succès consécutifs en simple depuis… son forfait en demi-finale des WTT Finals face à Trüls Moregard. Entre un Félix désireux d’enchaîner avec son carré final à Singapour et un Alexis… d’effacer la déception en ces mêmes lieux (élimination au 2e tour face à Patrick Franziska après avoir mené 2 sets à 0), les Lebrun, particulièrement adulés de ce côté là de la planète, étaient motivés à souhait pour marquer un grand coup à Chongqing. Mais le tirage allait se charger de leur faire un rappel à l’ordre immédiat en offrant une revanche A. Lebrun – Franziska dès l’entame et, sans supense celle-là : 11-9 11-7 11-8. Incapable d’imposer son jeu face à l’Allemand, omniprésent, le 14e mondial a ainsi concédé sa 5e défaite en autant de duels sur le circuit WTT face à Patrick Franziska qu’il n’a pu battre (3-1) que lors du Top 16 européen 2025 dont il avait été le lauréat. Faute de double et d’opportunité d’un doublé en la matière Singapour – Chongqing, “Alex” a vite clos son parcours en terre chinoise. Et avec la triste série (défaites au 1er tour de Flavien Coton, Thibaut Poret et Jia Nan Yuan) déplorée, “Fef” s’est retrouvé de suite en situation de « dernière chance tricolore ».
« FÉFÉ », UN PARCOURS SANS-FAUTE MAIS… NON SANS EMBÛCHES

Un statut que le n. 1 français a assumé avec brio, conviction, mental, détermination et un zeste de chance peut-être. Passé les mises en bouche (3-0 contre Qadri Aruna et 3-0 face à Jaehyun An en réduisant ses adversaires à la portion congrue, score moyen de 11-5,6), Félix a alors abordé les montagnes tour à tour brésilienne, japonaise et chinoise ! Trois rencontres pour trois scenarii différents. Avec un premier sommet en quarts de finale face au Brésilien Hugo Calderano (4e mondial) coaché pendant 14 ans par Jean-René Mounié, directeur de la Haute-Performance à la Fédération Française (FFTT) et… coach de Félix l’espace de ce WTT à Chongqing, un joli clin d’oeil même si pas évident à vivre émotionnellement par le technicien. Et encore moins pour la tête de série n. 5 qui aura livré un combat dantesque à la tête de série n. 3 (2e mondial le mois dernier, dans le Top 10 mondial depuis 2018), 62 minutes durant… De leurs six affrontements précédents (3-3), l’un des plus fameux était sans conteste ce match pour la médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Paris 2024 remporté par le Français (4-0). On en a été loin à Chongqing avec une rencontre qui a longtemps semblé tourner en faveur du Sud-Américain en tête un set à zéro (10-12) puis trois sets à un (10-12 11-9 10-12 10-12). Pire, dans le 6e set, Calderano a obtenu une première balle de match à 9-10, une deuxième à 10-11. Ratées ou plutôt, sauvées au mental et à la technique par Félix en progrès notamment dans le jeu court. A 3-3, le Montpelliérain allait remettre ça avec une troisième balle de match écartée à 9-10 avant de conclure sur sa deuxième balle de match à 12-11. Ouf !!
L’ASIE À SES PIEDS DANS LE CARRÉ FINAL

La logique aurait voulu que Félix retrouve son bourreau, le n. 1 mondial Wang Chuqin (0-6 dans leurs têtes à têtes) en demi-finale mais, un peu plus tôt, le n. 1 mondial qui reste donc humain, s’était incliné face à Sora Matsushima (4-2). C’est donc le Japonais (8e mondial) qui se dressait devant lui, au petit matin en heure française. Ceux-celles qui n’ont pas voulu sacrifier quelques heures de sommeil auront manqué un nouveau sommet achevé au bout du bout 4-3 (7-11 11-8 9-11 11-13 11-6 11-6 11-6) en faveur d’un Félix Lebrun à nouveau en mode “remontada”. La finale était là, avec une énième surprise, le puissant Japonais Tomokazu Harimoto, 5e mondial – dont la soeur a remporté le tableau féminin – ayant subi la loi de Wen Ruibo (27e) 2-4 avec un 6e set conclu sur un rare 19-21. Face à un Chinois bénéficaire d’une wild-card pour disputer l’épreuve et… tout un public forcément contre lui, Félix Lebrun a été grand, immense même, solide, tout en confiance pour infliger un 4-1 net et sans bavure (11-5 11-8 9-11 11-7 13-11) en 37 minutes au « local ». Un deuxième titre en Champions (après celui de Montpellier en 2024) qui prend toute sa signification en étant acquis sur la « terre du ping », d’autant que le n. 1 de l’Alliance Nîmes Montpellier TT restera comme le premier non Chinois inscrivant son nom au palmarès d’une épreuve en Chine depuis la création du WTT. De toute évidence une étape supplémentaire dans la carrière du champion français, plus que jamais invité à la table des grands. Et s’il a évolué tant physiquement, mentalement que techniquement, Félix est resté le même par ailleurs. De retour lundi dans l’Hérault, il s’est fendu d’une escapade furtive au domicile parental avant de regagner son domicile montpelliérain, proche du fief de l’ANMTT qu’il a rejoint ce mardi 17 mars pour se muer en premier supporter de son équipe – composée d’Alexis Lebrun, Antoine Hachard et Grégoire Jean – vainqueur de Thorigné-Fouillard (3-1) pour le compte de la 15e journée de Pro A mais toujours pas dans le Top 4, synonyme de demi-finales. Une salle Achille pleine comme un oeuf, une belle ambiance, Félix venu avec son trophée « immortalisé » en photos avec moult spectateurs… la magie du marchand de bonheur a encore agi. Entre les titres cumulés des frérots lors de ce premier trimestre 2026 et l’anniversaire à venir de leur soeur Margaux, il y a toutes les raisons de fêter ces événements avec une petite coupe de champagne. Reste à trouver un créneau entre les échéances sportives nationales et internationales (Coupe du Monde individuelle à Macao du 30 mars au 5 avril), ça ne sera pas le plus simple…






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