FESTIVAL DU JOURNALISME SPORTIF À LAVAL, UNE 3e ÉDITION QUI ENTRETIENT UNE BELLE DYNAMIQUE

Didier Deschamps, Raymond Domenech, Guy Stephan, Jean-Michel Larqué, Christian Lopez, Vikash Dhorasoo au rayon footballeurs et/ou entraîneurs, Éric Blanc (champion de France de rugby), Thierry Rey (champion du monde et champion olympique de judo), Bertrand Vecten (médaillé olympique en aviron), Vincent Duluc, le trio Patrick Chêne, Céline Géraud, Lionel Chamoulaud (anciens présentateurs-trices de Stade 2), une pléiade de plumes et de voix de la presse hexagonale… non non, il ne s’agit pas du casting réuni à l’occasion d’un match de football pour une cause humanitaire à Laval avec le Variétés Club de France mais bien des people rassemblés dans le cadre du 3e Festival du Journalisme Sportif, premier gros événement de l’année civile, avant le Congrès annuel de l’UJSF les 31 mars et 1er avril à Châtelaillon-Plage (Charente-Maritime) pour la corporation. Un événement initié par Jean-Christophe Boyer (président du Festival) avec la complicité et… le réseau sans égal de Vincent Duluc, co-organisateur, jolie plume de L’Équipe, président de l’UJSF national mais pas que… sans oublier une équipe de bénévoles véritablement au Top.

MASTER CLASS AVEC DIDIER DESCHAMPS ET GUY STEPHAN

Les co-organisateurs, Vincent Duluc,Jean-Christophe Boyer (avec le micro) saluent Guy Stephan (à g.)
et Didier Deschamps. PHOTOS PIERRE DUPERRON

Après l’ouverture officielle de la manifestation au Théâtre de Laval, c’est Vincent Duluc qui a lancé cette 3e édition avec la Master Class et un certain Didier Deschamps en guest-star, rejoint par son adjoint chez les Bleus, Guy Stephan. Si le Basque est un expert ès « langue de bois » dans le milieu et lui-même en sourit, voire en convient, sa complicité avec le grand reporter du quotidien sportif, suiveur de l’équipe de France, a donné lieu à un débat animé, intéressant, où sans qu’il n’y ait de révélation à cinq mois de la Coupe du Monde – il ne fallait pas rêver – qui a conquis un public mayennais régulièrement mis à contribution sous forme de questions- réponses, un public bien conscient qu’il ne reverrait pas le sélectionneur de l’équipe de France de sitôt. Ses rapports avec la presse, avec les anciens joueurs devenus consultants, la montée en puissance tant des familles que des agents dans l’entourage des joueurs, « Monsieur 65% de succès en bleu » n’a rien éludé. Évoquant « ce sentiment d’être un tambourin dans une machine à laver… C’est un métier qui use… J’ai toujours fait en sorte de respecter tout le monde », déplorant « ces huit questions sur la politique, pas une sur le sportif et encore moins sur l’adversaire avant un Allemagne – France à l’Euro » (sic), racontant des anecdotes comme cette grève des supporters avant un quart de finale de l’OM au Bayern de Münich, insistant sur le fait que « l’équipe de France ne m’appartient pas », prévenant que « pas mal d’ouvrages vont sortir sur moi, je n’y ai pas participé. Il y a des séries en vue mais je n’aime pas trop qu’on rentre dans l’intime. Je me laisse le temps »… le natif de Bayonne s’est livré et la présence à ses côtés de Guy Stephan – 17 ans de vie commune avec DD – qui « le trouve plus serein depuis qu’il a annoncé sa décision » n’y a sans doute pas été étrangère.

DEUX TRÈS BEAUX ANNIVERSAIRES

Le maire de Laval, Florian Bercault, regarde avec admiration deux légendes des Verts, Christian Lopez
écouté religieusement par Jean-Michel Larqué.

Au Théâtre de Laval, on a soufflé également des bougies, pas moins de 80 pour le quotidien sportif « L’Équipe », 50, déjà pour la finale (perdue) des Verts de Saint-Étienne à Glasgow avec un duo de choix Jean-Michel Larqué – Christian Lopez pour l’évoquer. Par ordre d’apparition, c’est le quotidien sportif représenté par plusieurs générations de journalistes de Benoît Heimermann à Hugo Guillemet en passant par Marc Ventouillac, Franck Le Dorze, Bernard Lions, Vincent Hubé, Anne Giuntini, Jérôme Bureau et Vincent Duluc qui a été le premier en lice. Le temps d’un match de football, sous la conduite d’un arbitre sans faute note, Frédéric Verdier, voix du tennis sur Eurosport et vraie culture sportive (j’ai vérifié !), les un(e)s et les autres ont occupé le terrain entre récits, anecdotes, témoignages… face à un public tout ouïe. De l’ancien rédacteur en chef, Jérôme Bureau, avouant, bon il y a aujourd’hui prescription, la tricherie afin que le golfeur Tiger Woods soit élu « Champion des champions » en 2000 avant de revenir sur cet épisode Marie-Jo Pérec fuyant les J.O de Sydney et se confiant à lui, à Franck Le Dorze ayant oublié de signer son premier papier en passant par Hugo Guillemet, expert ès football, intégré à la rubrique rugby à son arrivée et convié à rédiger pour sa « première » (unique et dernière) le compte-rendu de la finale du rugby à XIII, discipline qu’il maîtrisait à peu près autant que le curling et Vincent Duluc qui n’a pas oublié dans un classeur archi-bondé de matches couverts, l’accession du FC Gueugnon en D1 en 1995. On gardera pour la bonne bouche les coulisses de cette interview de la tenniswomen chinoise Peng Shuai, disparue depuis trois mois et ayant accordé cet unique entretien à Marc Ventouillac et Sophie Dorgan. Autant de sujets générant sourire, curiosité, incrédulité chez les présents. La « table ronde » sur les Verts a offert une belle séquence nostalgie tant de la part des acteurs qu’au sein du public où bon nombre de gens n’étaient pas nés en 1976. Le retour sur l’épopée, les duels face au Dynamo Kiev ou le PSV Eindhoven, les sauvetages de Ivan Curkovic ou Christian Lopez ont été retracés avec précision par les deux acteurs, les multiples retrouvailles entre les joueurs de cette saison, le phénomène « vert » dans l’Hexagone qui perdure, même à un degré moindre… il y a eu largement de quoi essuyer quelques larmes.

DES DÉBATS PARFOIS PASSIONNÉS, TOUJOURS PASSIONNANTS

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Frédéric Verdier, plus qu’à son aise micro en main, sous le regard de Jean-Michel Larqué.

Avec les infatigables Vincent Duluc – Frédéric Verdier le plus souvent aux manettes, et Jean-François Boyer à la relance, ces deux jours et demi avec une quasi unité de lieu, du Théâtre à Cinéville ou l’Avant-Scène, honorés par la présence notamment de Florian Bercault (maire de Laval) ont offert une succession de débats, tables rondes mêlés à des moments de détente comme le grand quizz du premier soir avec ces deux équipes de journalistes pour des face à face amicaux, chambrage obligatoire… ou de mise à l’honneur avec toute une farandole de prix décernés et une pensée émue pour notre confrère Christophe Gleizes… menu bien copieux assorti de séquences selfies, autographes, et brefs échanges entre public et « stars du Festival ». Au final, quelque 6000 personnes (1000 de plus qu’en 2025) se sont délectés de la projection-débat « Têtes Plongeantes : Santé mentale », la table ronde sur « Atlanta 1996, Le Triangle d’Or », « 2006, la finale oubliée » avec dans les rôles principaux Raymond Domenech – Vikash Dhorasoo, le second, caméra en mains pour le fameux « Substitute » (sans le son), la table ronde « Cyclisme féminin, un nouveau récit ? » et la soirée Moto GP mercredi, la projection-débat « Little Big Fred », l’histoire particulièrement émouvante de Frédéric Weis l’ancien pivot des Bleus et du CSP Limoges, la table ronde « Le Journaliste, l’Agent, la Com », la projection-débat « The FIFA Family » suivi d’un débat « L’Effet Trump sur le sport » plus que jamais d’actualité alors que la Coupe du Monde se rapproche, le même modèle adapté à « 10 sur 10, ils ont eu 10 dans L’Équipe » largement décortiqué, la table ronde « Dire le but » avec trois voix de la radio et de la télévision, Jean Rességuié, Julien Brun, Philippe Sanfourche et, en hors d’oeuvre de la retransmission de clôture du Festival jeudi, le France – Irlande (victorieux) de lancement du Tournoi des 6 Nations avec Éric Blanc en chef d’orchestre, une table ronde « Stade 2, de 76 à nos jours » qui a remué quelques souvenirs et émotions avec Céline Géraud, Patrick Chêne et Lionel Chamoulaud. Pour autant de belles anecdotes et de savoureux souvenirs… comme tous ceux que ce public de passionnés gardera d’une troisième édition qui ne sera pas sans suite avec… la quatrième, d’ores et déjà programmée – réservez vos dates – les 2, 3 et 4 février 2027. 


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