C’ÉTAIT L’OPEN OCCITANIE DES PREMIÈRES

Sauvé d’une disparition du calendrier international qui paraissait alors quasiment inéluctable en 2023 avec l’arrêt total des subventions de la Métropole de Montpellier à hauteur de 400.000 euros (soit près de 10 % du budget global) à partir de 2024, le rendez-vous tennistique de la Sud de France Arena est reparti de plus belle et un nouveau bail a été signé pour une durée de 3 éditions sous l’impulsion de la Région qui avait comblé le trou en 2024, avec Kamel Chibli en meneur de troupes, lequel a su convaincre le Département de l’Hérault et l’Agglomération du Pays de l’Or, de rejoindre la Région Occitanie de Carole Delga pour cette 15e édition. Un cocktail qui s’est avéré savoureux ce qui est très prometteur pour la suite.

Photo Pierre Duperron

JUGES DE LIGNE KO, ARBITRAGE VIDEO OK !

Huit jours durant, le nouvellement nommé Open Occitanie a vécu au rythme d’une première édition très riche du reste… en premières. S’ils ne sont pas forcément sur le devant de la scène, les juges de ligne faisaient bel et bien partie du décor avant donc cette année 2025 où les instances ont décidé de les remplacer sur le circuit (tournois ATP 250, 500, Masters 1000) par un système d’arbitrage vidéo automatisé (via des caméras), mesure ne concernant pas chaque épreuve du Grand Chelem totalement libre, de se prononcer sur le sujet. Alors si l’on n’atteint évidemment pas du côté de l’Arena les effectifs recensés à Roland-Garros (300), cette « première » sans eux, avait tout de même une allure particulière.

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FAA, LA « VRAIE » PREMIÈRE EN FRANCE

Une autre des « premières » concerne le lauréat de cette 15e édition en personne, Félix Auger-Aliassime. Tête de série n. 2 du tableau, classé 23e mondial durant cette semaine prolongée à la SDF Arena (6e à son meilleur en novembre 2022), le joueur canadien avait 6 titres à son palmarès sur le circuit principal mais aucun en France, tout du moins en simple (il a remporté Bercy en double en 2020) en dépit de trois finales à l’Open Parc Auvergne Rhône-Alpes à Lyon (2019) et à l’Open 13 Marseille (2020-2022). « Je suis bien en France, alors ça fait plaisir de gagner enfin ici », s’est amusé le très sympathique natif de Montréal qui a fini par se souvenir d’un succès à l’Open Super 12 Auray (Morbihan), un tournoi jeunes international dont il avait été le lauréat en 2012, treize ans après Murray, quatorze après Nadal. En finale, il aura dominé au bout de 2 h 39 de suspense 6-2 6-7 (7-9) 7-6 (7-2) au terme d’une rencontre d’excellente facture conclue pour… la première fois par un jeu décisif, un Américain, Aleksandar Kovacevic qui disputait là sa… première finale (évidemment sur le grand circuit) et qui était le… tout premier qualifié de l’histoire de cet Open, à atteindre la finale du tableau principal.

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UN TOP 8 100% ÉTRANGER

L’autre première concerne les résultats avec l’absence du moindre joueur français au stade des quarts de finale ce qui ne s’était jamais produit lors des 14 éditions précédentes. En comptant les deux récipiendaires de wild-cards (Grégoire Barrère, Quentin Halys) pour le tableau final, un seul sortant des qualifications (Constant Lestienne) et les rentrants directs avec leur classement (Arthur Rinderknech, Arthur Cazaux, Adrian Mannarino, Harold Mayot, Lucas Pouille et Richard Gasquet), ils étaient 9 sur la ligne de départ dont 2 duels 100% tricolore au tirage au sort : 5 ont échoué au 1er tour et les 4 suivants en 8e de finale, parfois de bien peu. Ce qui a donc abouti à un Top 8 à 100% étranger avec des têtes d’affiches (Rublev, Auger-Aliassime, Bublik) mais aussi quelques « inconnus » pour le grand public.

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DU DOUBLE AU… SUCCES POPULAIRE

Encore et toujours en matière de « premières », même si c’est là plus anecdotique, la finale du double a permis aux quatre protagonistes de parler la même langue, le néerlandais, entre Robin Haase – Botic Van de Zandschulp – Tallon Griekspoor et Bart Stevens… Le record dans ce domaine remontait à… 2024 avec trois tricolores Sadio Doumbia, Fabien Reboul, Albano Olivetti, pour entourer l’Autrichien Tristan- Samuel Weissborn. Beaucoup moins anecdotique est la fréquentation populaire sur la base d’une politique tarifaire astucieuse pour encourager le public à se déplacer. Le ton a été donné dès le dimanche des qualifications avec une Sud de France Arena quasiment pleine (très agréable surprise) et certaines journées à guichets fermés. Et au total, le speaker très référencé (et pas seulement dans le domaine de la petite balle jaune), Marc Maury, a ainsi pu annoncer au public avant la finale du dimanche le nouveau record de 63 027 spectateurs en huit jours, devançant ainsi le 61 147 qui avait été établi en 2024.

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VILLAGE, ANIMATIONS RIMENT AVEC… SATISFACTIONS

Mais cet Open ne s’est pas réduit aux limites du terrain qui ont vu les passages de nombreux minots, aux anges de rentrer main dans la main avec leurs idoles sur le théâtre de leurs exploits, et même quelques heureux échanger des balles avec des stars du tableau. Dans les coursives, les animations ont été légion entre tennis de table, pickleball, structures gonflables, stands divers, enseignes officielles, tests radars, mini-tennis… Nerf de la guerre d’un point de vue financier, le Village VIP n’a pas désempli de la semaine avec une réelle ouverture au public. Si les acteurs de la discipline y ont été les bienvenus (réunions d’échanges pour les présidents des clubs héraultais et gardois… pour les enseignants, souvent honorés par la présence du directeur du tournoi, « Seb » Grosjean…), la Région Occitanie a su également accueillir une cinquantaine de producteurs adhérents à la marque régionale Sud de France – l’Occitanie, réunir des champions issus de diverses disciplines, ou encore organiser des Rencontres régionales du sport avec deux tables rondes (Des faits et des actes, Sport et impact social) sur le site de l’Arena.

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RENDEZ-VOUS EN 2026

L’un des points d’orgue de l’événement restera le vibrant hommage rendu le jeudi au terme de sa défaite face à Tallon Griekspoor, au Biterrois Richard Gasquet, qui était accompagné sur le court de son père, Francis, dans une atmosphère très forte en émotions, où les quelques cadeaux offerts au minot de Sérignan qui fit en son temps la couverture de « Tennis Magazine » et les images pour sa « der » dans l’enceinte montpelliéraine valaient bien plus que de longs discours. Dès lors, on pouvait se douter que de l’omniprésent Kamel Chibli (vice-président délégué à l’Education, l’Orientation, la Jeunesse et le Sport de la Région Occitanie) à Sébastien Grosjean (10e édition en tant que directeur de l’épreuve) en passant par Samir Boudjemaa (directeur général de TV Sport Events) sans oublier de penser à tous ceux ayant contribué à la réussite de la 15e édition (le superviseur Cédric Mourier, le juge-arbitre Franck Sabatier, les partenaires institutionnels et privés, les bénévoles, les ramasseurs…), la satisfaction serait unanime lors du traditionnel bilan de fin tournoi peu après la finale. Ce fut le cas ! Sébastien Grosjean a avoué son impatience de la prochaine édition, rendez-vous est fixé au dimanche 1er février 2026.

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