Il est natif de Manosque, a défendu les couleurs de l’ES Avignon, l’ASVEL , Monaco et enfin Mulhouse durant ses quasiment deux décennies de carrière mais Philip Szanyiel sera pourtant bien chez lui, plus que la majorité des présents, tout au long de ce 5e Vin’t’Age. « Ma mère est de Frontignan, tous mes oncles et ma famille vivent là-bas, mon cousin, Sébastien Terruel, a été président du Frontignan – La Peyrade Basket et j’y ai passé toutes mes vacances. Ma deuxième maison est là-bas, il y a le muscat, le site est vraiment parfait, c’est un excellent choix pour accueillir ce Vin’t’Age« , justifie, heureux, le Manosquin. Lequel sera assurément très sollicité à la salle Roger-Arnaud pour les traditionnels selfies.
« Je jouais encore un peu car j’aime être acteur »
A 63 ans, “Sza-Sza” (son surnom) connaît la saveur de ce type de rendez-vous pour avoir honoré à de multiples reprises l’invitation de Basket Folies à Heugas, « une journée de fête avec Canal + en présence de sportifs d’horizons à base de matches d’Anciens, de locaux, et de jeunes… la fête en mode landais quoi. J’y allais toujours avec plaisir, je jouais encore un peu car j’aime bien être acteur, ça m’embête un peu de me rendre quelque part en n’étant plus capable de jouer…« . Si son corps « détruit » par des luttes incessantes sur le parquet durant des années le prive désormais du jeu, Philip Szanyiel est « franchement content d’avoir dit oui à Eric Le Pape (l’un des organisateurs) pour être un des parrains de cette 5e édition à Frontignan« . Il était déjà de la 4e, en juillet dernier à Lorgues (Var) « j’y avais revu “Dub” (Hervé Dubuisson) et plusieurs anciens de ma génération que je connaissais bien avec lesquels on a échangé, évoqué de bons souvenirs.«

« Sabonis, Kurtinaitis, Chomichius, Iovaisha… sont venus coucher chez moi »
S’il est toujours dans le coup, s’asseyant sur le banc des U18 de Venelles où évolue l’un de ses fils (pour couvrir au niveau du diplôme), ce membre de la promotion 2011 de l’Académie du basket français, à quelque deux mois et demi de l’événement, est nostalgique d’un certain passé. « Le Vin’t’Age, c’est un peu l’ambiance qu’il y avait avant, où c’était convivial avec des 3e mi-temps. Après une demi-finale européenne avec l’Asvel face à Kaunas puis après leur finale à Grenoble et un match amical deux jours plus tard, on a vécu de fabuleux moments avec les joueurs lituaniens, j’avais plein de copains parmi eux. Sabonis, Kurtinaitis, Chomicius, Iovaisha… sont venus coucher chez moi, je suis heureux d’avoir connu ça mais c’est difficilement envisageable de voir ça aujourd’hui. Ma carrière s’est étalée sur 17 ans, d’Alain Gilles avec l’Asvel à Antoine Rigaudeau en équipe de France, on jouait aux cartes, il y avait un certains état d’esprit… mais entre l’apparition des réseaux sociaux et l’évolution du professionnalisme, tout a changé. C’est plus individuel, les gars portent des casques sur les oreilles » raconte et analyse, sans cracher dans la soupe, l’intéressé, bon vivant.

« Il n’y a aucune reconnaissance de la Fédé »
Totalement dans l’esprit du Vin’t’Age, Philip Szanyiel reste attaché aux « notions de patrimoine, de transmission mais la culture des jeunes n’est pas/plus sur nous. Aujourd’hui, on a le sentiment que le basket a commencé avec Tony Parker, la Fédération Française de Basket-Ball ne nous aide pas beaucoup, personne ou presque de notre génération ne l’a intégrée, pas plus les Monclar, Dacoury… alors qu’il y aurait pu avoir une passation au niveau équipe de France entre les générations 1980 et 2000. Il y a bien des gens comme Gérard Bosc (décédé en 2021), un super mec (sic) qui a mis des choses en place comme le Musée du Basket mais pour le reste, il n’y a aucune reconnaissance. Oui, il y a vraiment du boulot à faire même si je regarde tout ça de loin… » Il regardera de bien plus près ce 5e Vin’t’Age, « un évènement qu’il est nécessaire de faire perdurer à travers ces retrouvailles au nom de la culture du basket. Aux Etats-Unis, on sait qui est qui, ce n’est pas le cas en France, il ne faut pas rêver. Il serait bien que des jeunes viennent à Frontignan et réalisent avec la présence de tous les anciens sur le parquet que le basket a existé avant“ conclut ”Sza-Sza » dont la patte gauche magique aura martyrisé toutes les défenses pendant tant de saisons. Les acteurs du 5e Vin’t’Age peuvent souffler, ils n’en seront pas les prochaines victimes…




Laisser un commentaire